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Un voyage formidable vers des contrées que seuls le rêve et l’imagination peuvent entrevoir.

2003 • Chamber

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Nicolas Stevens, violin 1
Véronique Lierneux, violin 2
Pierre Héneaut, viola
Sébastien Walnier, cello
André Klenes, double bass
All compositions and arrangements by André Klenes
Chamber, 2003

“… Gageons que le Rêve d’Adam vous entraînera vous aussi vers des mondes lointains… ». Pari tenu ! Voici deux ans déjà que nous présentions ainsi le premier enregistrement discographique du compositeur et contrebassiste liégeois André Klenes, « Adam’s Dream », dont la véritable révélation se situait dans une profonde originalité musicale. La musique de chambre classique se voyait, comme par magie, transposée sur tous les tons du jazz et des musiques populaires dans une fête sonore passionnante. André utilisa ces deux années pour perfectionner un style bien abouti mais toujours en quête de nouvelles émotions. Ainsi s’écoule l’existence incertaine de l’artiste. Le vrai musicien, toujours à l’affût de ses réactions face au monde extérieur n’œuvre pas pour la gloire. Il désire plus que tout s’exprimer et partager par son langage sa vision du monde, ses joies et ses peines.

Par ce beau printemps, notre compositeur mit la dernière main à son deuxième album « Spring Tide ». Dès l’audition des premières notes, on sent l’amour de la musique et la joie de la partager avec ses quatre complices (N. Stevens et V. Lierneux aux violons, P. Heneaux à l’alto et S. Walnier au violoncelle). Nul doute pour André que les phrases successives et parfois douloureuses de la création ressemblent à la naissance d’un enfant. Il semble y placer tout son amour et toutes ses espérances pour l’avenir. De fait, on sera frappé par l’air de famille qui unit les deux enregistrements, scellés dans une même fontaine inspiratrice.

L’artiste possède toujours ce style franc et maîtrisé. Harmonie et contrepoint classiques côtoient avec un bonheur identique les rythmes et les inflections diverses puisées dans le patrimoine universel des musiques du monde. La formule du quintette à cordes et du rare duo de violoncelle et contrebasse reste la marque de fabrique du compositeur.

Cependant, le style a mûri. Plus axé sur les pulsations du jazz, cet album nous révèle la vraie nature d’André Klenes. Virtuose de la contrebasse (quelques solos en témoignent), il possède désormais une forme plus originale d’émotion musicale, forgée au fil du temps par une réceptivité accrue des phénomènes sonores. Elle se traduit par une verve rythmique exacerbée (Spring Tide, Blue Basque, Rock’n Ball, …) qui architecture mieux encore les formes musicales et leur gestion dans le temps.

La recherche sonore s’est aussi affinée. Le son, cet étrange phénomène vibratoire peut revêtir de nombreux habits et les cordes nous dévoilent des trésors inimaginables. Ecoutez les harmonies impressionnistes d’Orient/Occident et le mystère qui s’en dégage. Les lignes musicales s’enchevêtrent subtilement mettant en évidence une mélodie doucement balancée qui évoque les couleurs d’Erik Satie. Car c’est bien de couleur qu’il s’agit ! Le compositeur tire de sa formation toutes les lumières et l’imagerie du voyage. Le soleil d’Amérique latine brille dans Joy’s salsa et le mélancolique Tango nous envoûte par son étrange pathos. Les rythmes frappés d’Amalia évoquent de loin les musiques rituelles arabo-andalouses avant de distiller pour nous une mélodie orientalisante raffinée le tout sur une basse dansante. Le mélange des genres, souvent dangereux en d’autres lieux, trouve ici son plein épanouissement dans un équilibre savamment dosé.

Le voyage continue ; l’Ouverture pour violoncelle et contrebasse déploie progressivement une mélodie sortie, comme dans un rêve, de l’ancestrale tristesse russe, avant que la chaude sonorité du violoncelle retrouve le sourire en un chant d’une apaisante limpidité. Le quintette Thriller ne manque pas d’humour pour dépeindre au second degré le suspense de ses premières notes et ensuite se métamorphoser en un somptueux mouvement plein d’allant.

On pressent, chez André Klenes, une culture universelle propre à restituer les impressions musicales et les émotions glanées au gré du voyage initiatique à travers la vie. Le triptyque « Summer feel I, II et III » en est le témoin. La mélancolie et l’inquiétude se manifestent par des accords tendus, parfois dissonants et des rythmes qui ne parviennent pas à dissimuler leur aspect obsessionnel. Ce sont les mystères de la vie que les musiciens, romantiques cette fois, nous livrent sous les accents de leurs archets.

Etrange vision, enfin, que cette Cathédrale St Lambert enfouie à tout jamais dans la mémoire collective des liégeois. On croit d’abord entendre un vieux chant d’église. Alors un zoom quasi cinématographique nous plonge dans une cathédrale imaginaire remplie de rythmes jazz et de swing. Prêtres et fidèles s’unissent en une danse sensuelle mais fort peu catholique. Zoom arrière, tout se dissipe, chant d’église, aurait-on rêvé ?

Si toutes ces compositions semblent parfois laisser libre cours à l’improvisation, c’est qu’André Klenes maîtrise parfaitement les techniques du jazz et de la World Music. L’ensemble instrumental, d’une rare homogénéité, génère chez l’auditeur un formidable sentiment festif ; un plaisir du son que les rythmes tour à tour mélancoliques et endiablés renforcent à coup sûr. Les musiciens témoignent tous d’une totale liberté face aux difficultés des partitions. Leur sonorité remarquable fait de ce nouvel album un grand exemple de complicité.

Ce voyage formidable auquel nous invite André nous entraînera, j’en suis sûr, vers des contrées que seuls le rêve et l’imagination peuvent entrevoir.

Jean-Marc Onkelinx

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